Lors de la course des Tre Rifugi j'avais fait la connaissance de Maurizio Enrici à qui j'avais proposé de faire équipe pour la "Tre Valloni" juste de l'autre côté du Col de Larche. Nous nous retrouvons dimanche 12 avril au matin pour la prise des dossards et Maurizio m'explique qu'avant de répondre à mes mails, il les fait traduire par une amie. Le parcours initial est maintenu soit 1800 mètres de dénivelée répartis en trois montées. Maurizio me désigne les équipes avec qui nous devrons batailler pour un éventuel podium. Le beau temps du matin cède la place au brouillard.
Le départ est donné à 9h00, "dré dans le pentu" sur piste. Nous nous plaçons dans le trio de tête. Rapidement une des équipes prend ses distances et nous nous retrouvons à osciller entre la deuxième et troisième place.Je suis plutôt bien mais Maurizio ne peut pas aller plus vite pour distancer nos concurrents directs. Nous restons au contact lors d'une courte descente. Lors de la seconde montée l'équipe italienne et Maurizio accélèrent fortement et je préfère rester à mon rythme car il reste 1000 mètre de dénivelée à parcourir. Quelques minutes plus tard nous arrivons au sommet de la seconde montée et Maurizio me dit "finit". Je ne comprend plus rien: cette montée devait être aussi longue que la première. La descente se déroule sur la piste que nous avons remonté le matin. Je commence à comprendre que le parcours a été modifié. Je suis Maurizio et nous franchissons la ligne d'arrivée: la course est finie! La suppression de la deuxième montée a été signalée par le contrôleur au sommet de la première ascension suite à la dégradation du temps. Je n'ai pas compris car je ne parle pas un mot d'italien. Nous finissons troisième à trente seconde de l'équipe qui nous précède. Je suis un peu déçu de ne pas avoir pu défendre mes chances équitablement. Maurizio est content et c'est bien là le principal.
Le repas se déroule dans la cafétéria au pied des piste avec Polenta ou Pasta. Le remise des prix a lieu sur la place du village à Pietraporzio sous la pluie puis la neige. Nous gagnons un peu d'argent et un trophée. L'organisation me remet très gentiment un fromage de trois kilos. Je prends congé de Maurizio et je reprend la route sous une tempête de neige. J'ai passé une bonne journée: la convivialité et la bonne humeur italienne sont contagieuses.




